En haut des cimes
19/09/14
Dans un arbre, un soir de tempête.
Une bonne journée de fin d’automne. Le vent s’était levé le matin et avait forci toute la journée. Le mercredi s’était passée avec les devoirs, les dessins animées et l’ennui qui suit.
La nuit tombait. Je commençais mes pérégrinations bucoliques.
Je traversais un champ de peupliers. Cet alignement de poteaux trop droits pour la nature me laissait d’ordinaire indifférent mais en levant la tête je vis les cimes se balancer. Et là l’idée surgit : ça devrait être vraiment cool de se tenir là-haut !
Seulement ces arbres ne s’offrent pas facilement aux grimpeurs car pour qu’ils grandissent vite et droit, leurs éleveurs leur coupent les branches basses. De ce point de vue, on peut dire que le peuplier est le lointain cousin du cocotier.
J’essayai alors la technique du singe pour me hisser jusqu’à la première branche mais la souplesse requise dépassait mes limites. Finalement je pris le tronc à bras le corps et, comme pour la corde à nœud, je poussais avec les pieds et tirais avec les bras pour atteindre le refuge désiré. Après j’escaladais facilement le reste de l’arbre pour m’arrêter lorsque le bois devint trop frêle.
Et là enfin je profitais des sensations ! Le vent puissant fouraillait ma chevelure, me plissait les yeux.
Je me laissais balancer au gré des bourrasques. Tout mon corps tressaillait à chaque fois que l’arbre courbé par la rafale décidait de revenir à sa position initiale.